Al Volante.- Pourriez-vous, Robert Brandy, parler aux lecteurs sur l'évolution de votre carrière? Êtes-vous reconnu plutôt par votre style original?
Robert Brandy.- Je joue un rôle, cela est certain, mais il y a des gens qui travaillent très bien, qui ont leur style, mais qui n'arrivent pas à faire une carrière. Moi j'ai trouvé peut-être le bon moment pour être reconnu sans beaucoup de difficultés, non seulement à Luxembourg, mais aussi à Bruxelles, aux États-Unis. Néanmoins, il a fallu quand même que dix ans s'écoulent pour que ma peinture se développe de façon progressive et satisfactoire du point de vue commercial.
AV.- Considérez-vous que vous appartenez à une école, que vous faites partie d'un courant artistique ?
RB.- Non, je ne crois pas. À Aix-en-Provence, j'ai trouvé un élan pour mon travail, j'ai appris à traiter les toiles, comment travailler. Ma peinture est sensible et expressive.
AV.- Quels sont vos sujets d'inspiration ?
RB.- C'est la vie de tous les jours. En ce moment, je suis en train de vous parler, je suis de bonne ou de mauvaise humeur, je regarde mon entourage, j'observe la vie, l'environnement, la nature au milieu de laquelle je suis heureux de travailler, mais je ne me pose pas vraiment la question. Je vais à l'atelier pour travailler et normalement ça marche.
AV.- Votre exposition "Autoportrait" est un vrai succès. Pensez-vous que la voiture fait partie de l'imaginaire de nos jours?
RB.- Oui, effectivement, de celui du vingtième siècle. Moi, j'ai grandi avec la voiture. Quand j'étais petit enfant, mon père possédait une MG, puis il a eu des voitures américaines. A l'âge de douze ans, je fréquentais déjà le Nürburgring. J'y allais en compagnie de pilotes luxembourgeois, ça laisse des traces.
La voiture devient-elle un objet qui peut se considérer une œuvre d'art ?
AV.- La voiture devient-elle un objet qui peut se considérer une œuvre d'art ?
RB.- Pour moi, les voitures que je présente, celles que je peins dans mes tableaux, mes voitures, oui, ce sont des sculptures mobiles. C'est l'œil qui joue, qui cherche les volumes, les proportions qui m'intéressent plus particulièrement. Les gens qui les ont conçues ont vu cela. Jean Bugatti voulait créer une œuvre d'art à chaque fois qu'il construisait une voiture.
AV.- D'accord, mais là nous sommes en train de parler d'une certaine catégorie de voitures. Ce ne sont pas ces voitures, les Bugatti que vous mentionnez, que l'on utilise pour aller faire ses courses aux grandes surfaces.
RB.- (il rit) Non, malheureusement ! Mais moi, malgré le caractère peu pratique et l'absence de coffre à bagages, j'aimerais bien une Bugatti type 35 pour aller au supermarché.
Plusieurs
livres sont dédiés à l'œuvre de Robert Brandy et à sa passion pour l'automobile
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